René Roche
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rene roche Biographie
L'oeuvre Eglise Andacette
Jean Sève, NOTES SUR L’ART MURAL
Juillet 1977

Depuis 1970, René ROCHE fait ses preuves dans la région Rhône –Alpes. Plusieurs fois déjà il a eu l’occasion de se confronter, avec toute sa force et son énergie, aux multiples et délicats problèmes de l’environnement esthétique et de l’Art Sacré dans le monde d’aujourd’hui.

Exigeant, totalement fidèle à sa recherche, ennemi des compromis et des solutions au rabais, exempt de toute complaisance à l’égard du public, il nous oblige à sortir de nos routines et de nos sécurités pour nous entraîner avec lui vers la vision qui nourrit son imagination créatrice et qu’il veut nous faire partager.

Non par orgueil ou par soif du pouvoir, mais parce qu’il ne peut qu’obéir à la vocation qui est la sienne et au mouvement qui le pousse à délivrer l’œuvre qu’il porte en lui.

Très conscient des impasses d’une peinture subjective, qui ne sait que dire l’angoisse, l’absurde ou la dérision, il estime que la peinture ou la sculpture doivent apporter aux hommes le courage et la force de vivre, en leur donnant, grâce à l’environnement, l’oxygène qui leur permettra d’échapper à l’asphyxie qui les guette.


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René Roche résumé par Sylvie Duperray, historienne d'art chargée d'enseignement à l'université Lumière-Lyon 2
Editions Presses Universitaires de Lyon, Novembre 2001 :


C'est un parcours singulier que connaît René Roche, au cours de plus de quarante années de recherches ininterrompues. Pendant longtemps il oeuvre dans la solitude, sans aucune motivation extérieur, poussé par sa seule volonté. Socialement il appartient au milieu ouvrier et ses contacts avec le monde de l'art sont inexistants. Cette frontière commence à se briser en 1958, lorsque encouragé par le sculpteur René Zuanella, il participe au Salon des artistes viennois. Ce passage par un cercle d'amateurs apparaît comme le premier palier de sa carrière. L'étape suivante débute en 1967, moment où il entre à l'usine Rhône-Poulenc de Saint-Fons. C'est ici que pour la première fois il côtoie des artistes professionnels par le biais du comité d'entreprise, de l'UAP et de TEC. Une des ambitions de ces organisations est d'aider les créateurs autodidactes à se libérer de la condition d'ouvriers, en leur permettant d'exposer et en leur procurant des commandes. La méfiance de René Roche à l'égard de ce milieu engagé le conduit à contourner la filière UAP-TEC, par laquelle Alain Lovato et Joseph Ciesla, deux sculptures de la région, étaient passés au début des années 1960. De façon certes plus atypique, il réussit à quitter définitivement l'usine en 1973, grâce au seul soutien de son ami prêtre Jean Sève, qui lui a obtenu un vaste atelier et des commandes ecclésiales, assurant une sécurité matérielle temporaire. Dans le même temps, il fait une rencontre décisive : celle de René Déroudille.

Commence alors une phase de reconnaissance, dont le paroxysme se situe au début des années 1980. Le soutien du critique d'art permet à René Roche de participer à des manifestations locales majeures, et de bénéficier pleinement de l'action menée à cette époque en faveur de la promotion des créateurs régionaux. Il fait successivement partie des Sculpteurs et lissiers rhônalpins, présentés à Lacous en 1976, du symposium Le Métal à Lyon en 1978, puis des expositions Tendances Contemporaines Rhônes-Alpes au Nouveau Musée de Villeurbanne en 1983 et Les Dossiers du FRAC Rhône-Alpes au Centre d'arts plastiques de Villefranche-sur-Saône en 1984. Il ne parvient cependant pas à utiliser cet élan pour sortir des limites du cadre régional, dans lequel sa reconnaissance est maintent accomplie. Aussi au moment où s'effrite la volonté de soutien aux artistes locaux, où les institutions lyonnaises s'orientent vert un art international et vers de plus jeunes artistes, enfin où s'affaiblit le soutien de René Déroudille, René Roche voit ses espoirs s'écrouler. Nous pouvons aussi penser que'une absence de théorie artistique contemporaines et une vision parfois confuse du contenu et des apports de certaines recherches, minimalisme par exemple, ont joué en défaveur de la reconnaissance de son travail. A l'heure où les artistes reconnus viennent de plus en plus à l'universite ou des grandes écoles d'art, ces lacunes apparaissent en effet comme des obstracles majeurs.

Après la césure que produit dans sa carrière le déplacement de la sculpture implantée place Jean Macé, René Roche connaît un isolement grandissant, rompu ponctuellement par quelques gestes de mécénat industriel. Malgré la précarité de sa situation, il continue à vivre de son activité artistique, ce qui reste un cas exceptionnel dans la région, où la plupart des plasticiens ont en effet un emploi complémentaire ou une aide de leur conjoint.

Sur le plan stylistique, l'évolution du travail de René Roche suit celle de sa culture artistique. Les oeuvres qui l'intéressent font l'objet d'un examen attentif et constituent les sources de sa totale auto-formation. En quête de synthèse, il allie continuité et nouveauté, soumettant son language fomel à un constant renouvellement. Mais il a parfois du mal à se libérer de l'emprise de modèles donnant à sa production un caractère épigonal.

Lorsque René Roche réalise les travaux graphiques constituant le point de départ de sa carrière, ses reconnaissances en matière d'art sont totalement inexistants. Progressivement il se tourne vers des artistes connus du grand public. Cézanne et Van Gogh, ses premières références, lui inspirent paysages et portraits. Puis Honoré Daumier et Georges Rouault suscitent une réorientation des thèmes avec les "Juges" et les "Pierrots". Dès lors apparait un souci d'épuration qui régira l'ensemble des recherches de René Roche.

A partir de 1967, d'un point de vue thématique et stylistique, s'opère un bouleversement radical induit par le contexte esthético-politique auquel l'artiste est confronté à Rhône-Poulenc. Bien qu'il se défende d'interventions militantes, sa production porte l'empreinte des dvierses formes d'art engagés circulant autour de lui. Il regarde attentivement des artistes ayant traité du "monde ouvrier" ou plus générament "du travail", Edouard Pignon, les muralistes mexicains, Georges Manillier, Fernand Léger, et adopte cette thématique dans sa peinture.
Il puisse aussi chez Picasso, Matisse et Malevitch, les bases d'un langage dépouillé et géométrique qui lui permet de s'orienter vers l'abstraction en 1970. Enpruntant à Alberto Magnelli, Poliakoff ou Matisse, il parvient à définir un langage formel abstrait, au prix de multiples hésitations.

L'obtentions d'un grand atelier et la cessation du travail en usine en 1973 entraînent des changements notables. Il peut maintenant consacrer du temps à l'enrichissement de sa culture artistique et à une connaissance directe de l'art, encouragé par ses amis Jean Sève et Raymond Vieux.
C'est aussi à cette époque qu'il s'oriente vers la sculpture, alors que jusque-là son activité picturale avait été prédominante. Les deux pratiques sont désormais pensées de façon corrélative. La tridimensionnalité ainsi que l'art mural, autre forme d'expression priviligiées, répondent à une aspiration ancienne à la monumentalité, indissociable d'une volonté d'oeuvrer pour l'espace publique, "pour une communauté d'hommes", qui se révèle pleinement dans des travaux ecclésiaux. Après avoir expérimenté divers matériaux dans le domaine sculptural, René Roche adopte définitivement l'acier. Maxime Descombin, Berto Lardera, Alexander Calder, Mark Di Suvero et Alain Lovato vont pendant longtemps marquer une production sculptée qui vise une dématérialisation croissante.
Dans les années 1980, René Roche se tourne vers Piet Mondrian, Théo Van Doesburg et Frank Stella. Il se sert de leur lecon pour trouvers des solutions à sa quête de d'un langage pur et lumineux. Dans sa référence croissante à un espace-temps régi par l'illimité, la pensée de René Roche nous est apparue résolument projetée sur l'avenir et procédant d'une visée spiritualiste : "Je propose à la couleur une trajectoire qui nous porterait ailleurs, là où n'a plus de sens la pesanteur, mais où l'Homme peut construire encore".
Sa conception de l'art requiert l'exclusion du lyrisme, du particulier, pour arborer des principes de pureté et d'universalité.

Avec l'étude de "La Divine Comédie", effectuée au cours des deux dernières années de sa vie, René Roche parvient au langage les plus personnel, les plus original et les plus convaincant de sa carrière. Par l'utilisation d'éléments d'un symbolisme numérique et géométrique, il fait référence à une réalité qui dépasse, exprime son aspiration aux formes élevant l'esprit, et cherche à témoigner de l'existence d'un monde fait d'harmonie et d'espoir.

C'est dans cette dimension de témoignage, dans le message d'élévation, exprimé avec une clarté et une acuité toujours plus grande, que nous sont apparues la portée et la valeur de l'oeuvre de René Roche. Si pendant longtemps cette production n'a pas apporté d'éléménts novateurs, n'a exercé aucune influence marquante, et doit être considérée dans sa globalité et en terme de parcours pour prendre tout son sens, elle constitue néammoins une aventure singulière et digne d'intérêt. C'est une passion sans réserve pour son art qui à permis au peintre amateur et sans originalité à ses débuts de surmonter tous les obstacles et de devenir un peintre-sculpteur, qui à la fin de sa carrière rejoint les courants de son temps et atteint l'excellence artistique.

Aussi pouvons-nous espérer que son oeuvre soit justement reconnu et sorte de l'oubli. Depuis le décès de René Roche en 1992, il est en effet ignoré des responsables institutionnels, des critiques d'art, et ne suscite aucun marché, même en provenance d'anciens "collectionneurs".

>>> Sylvie Duperray, historienne d'art chargée d'enseignement à l'université Lumière-Lyon 2
Editions Presses Universitaires de Lyon, Novembre 2001


Pour en savoir plus sur l'art concret, lire le texte d'Aurélie Vandevoorde :
Au sein cette nouvelle approche de l’art abstrait, il est une école qui nous intéresse particulièrement afin de mieux appréhender le sens de l’œuvre de René Roche. C’est celle de ces artistes qui, poussant la démarche de l’abstraction à ses limites extrêmes, ont voulu saisir le monde dans ses formes les plus élémentaires et créer un langage plastique réduit à son essence mathématique et géométrique.
Cette réflexion transnationale, entamée dès les années 1910 avec Mondrian et Malevitch, s’est traduite par de nombreux développements théoriques dans les années 1930-1940 et n’a cessé de donner lieu à de nouvelles interprétations plastiques qui se poursuivent de nos jours et continuent de questionner les créateurs.


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